Problèmes actuels liés à l’afflux des réfugiés syriens

L’enjeux qui préoccupe – unanimement – nos interlocuteurs religieux et politiques, est le départ des réfugiés syriens qui colonisent littéralement des pans entiers de territoires libanais. Nous avons vu cela dans le Sidon dont parle la Bible, ces campements anarchiques qui lèchent de temps à autres des localités chrétiennes et où sont plantés des minarets que nous n’avions pas remarqué lors de notre précédente venue.  

Ces réfugiés s’ajoutent aux palestiniens et le chiffre officiel cumulé de ces deux communautés est au moins de 2 millions soit 30 % de la population. Terrible menace quand on se souvient que c’est la guerre djihadiste de conquête des milices palestiniennes qui fit déjà basculer le Liban. On note déjà deux types de conséquences économique et sécuritaire. D’abord, le marché du travail s’effondre selon « le libanais de la rue » qui fait remarquer le contraste entre le nombre de chantiers de construction et le pessimisme de la population libanaise de souche du fait que les réfugiés cassent le marché du travail et favorisent les importations illégales de matériaux de toute sorte. On doit préciser que le Hezbollah intensifie ce phénomène en « utilisant ses ministères » pour « s’arranger » avec une loi dite « de reconstruction » des zones proches de l’état hébreu détruites en 2006. Cette loi qui permet de détaxer les matières utilisées pour réhabiliter des quartiers bien définis est clairement détournée pour inonder le marché national de produits bas de gamme.

Et du point de vue sécuritaire, le « réputé paisible Liban » l’est de moins en moins.

Au moment où nous écrivons ces lignes, le 16 juin, le journal « institution » L’Orient Le Jour parle justement de la ville de Deir el-Ahmar où se trouvent la majorité des enfants que Chrétienté Solidarité Persécution soutient.

C’est inquiétant mais instructif sur l’état d’esprit que ceux que l’on pourrait appeler « nos amis libanais réfractaires » .

Deir el-Ahmar est dans la Békaa. On retrouve une situation bien connue dans nos banlieues : le caillassage des pompiers.

Le 15 juin, un incendie s’est déclaré et lorsque les pompiers – une équipe de la Défense civile – sont venus l’éteindre, des réfugiés syriens – « installés dans un campement informel » juste à côté de la bourgade chrétienne de Deir el-Ahmar – ont lancé des pierres sur le camion qui a été endommagé. Plus grave, selon l’Agence nationale d’information officielle (Ani,), un membre de la Défense civile, H.G., a été grièvement blessé lorsque plusieurs jeunes Syriens ont caillassés le véhicule des secouristes et deux autres membres ont également été pris à partie, mais leur état de santé n’est pas connu. Trois blessés qui ont été hospitalisés au centre médical universitaire Dar el-Amal de la ville.

A la différence de ce qui peut se passer en France, cela a provoqué la colère des habitants et élus de cette bourgade chrétienne qui réclament leur expulsion en Syrie !

L’armée libanaise a immédiatement perquisitionné le camp et arrêté de plusieurs suspects. Selon le mohafez (gouverneur) de la Békaa, Bachir Khodr, les 33 individus impliqués dans l’agression ont tous été arrêtés. M. Khodr a décrété un couvre-feu immédiat qui prendra fin vendredi matin, afin, selon lui, d’éviter toute friction entre les habitants du village et les réfugiés syriens.

Le député local Antoine Habchi est un membre du parti FL, les Forces Libanaises présidées par Samir Gagea. Il affirme que des armes ont été vues entre les mains de certains réfugiés du campement.

Les présidents des municipalités et les moukhtars de la région ont condamné cette agression et affirmé dans un communiqué qu’ils s’opposent catégoriquement au retour des réfugiés syriens dans leur campement. Ils ont appelé la police municipale à monter la garde devant les entrées du campement afin de s’assurer qu’aucun réfugié ne revienne s’y installer. Les responsables ont enfin fait savoir qu’ils voudraient le démantèlement définitif de ce campement.

Chrétienté Solidarité Persécution se sent encouragé dans sa mission qui n’a jamais faibli grâce aux parrains que nous remercions pour leur fidélité.

Nous avons un autre projet au Liban en vue d’aider de la même manière des enfants par le biais d’une Sœur Maronite de la Sainte Famille rencontrée au dessus de Byblos, dans la baie de Jounieh.

Photo: Marie veille sur le port de Saïda – juin 2019

 

 

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