Joseph Ratzinger – Benoît XVI et le ministère pétrinien

Auteur : Christian Gouyaud

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Joseph Ratzinger – Benoît XVI et le ministère pétrinien

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Le « ministère pétrinien » c’est le service de l’Église catholique par le pape, successeur de Pierre (d’où « pétrinien ») le premier des apôtres, sur lequel le Christ a bâti son Église.

L’abbé Christian Gouyaud, docteur en théologie, fervent admirateur de Joseph Ratzinger, le plus éminent collaborateur de Jean-Paul II puis son successeur, a consacré un immense travail d’analyse et de présentation de l’ensemble des textes de celui qui est toujours en cet automne 2020 le « pape émérite ».

Une véritable somme, de près de cinq cent pages, préfacée très chaleureusement par le cardinal Sarah.

L’ouvrage s’adresse sans doute prioritairement aux clercs mais aussi aux laïcs possédant un minimum de culture dans la doctrine et la théologie catholiques et dans l’histoire de l’Église.

Il offre en effet un vaste exposé très pédagogique des multiples écrits de Joseph Ratzinger – Benoît XVI, cours, discours et conférences, livres et encycliques sur la foi et la culture catholiques dans la continuité du gouvernement de l’Église assumé jusqu’en février 2013 par ce pape.

Théologie magistère et magistère théologique

Nous ne pouvons ici que « lister » les grands chapitres de l’étude par Christian Gouyaud de la pensée et de l’œuvre de Joseph Ratzinger – Benoît XVI.

Le premier est titré : « La figure de Pierre » : on y lit ou relit des pages passionnantes sur le personnage de Pierre, pécheur et pêcheur ; sur sa vocation ; sur sa triple protestation de foi et d’amour ; sur sa relation avec Paul dans le « binôme fondateur de l’Église de Rome ».

Le chapitre II est celui des textes de Joseph Ratzinger – Benoît XVI sur le primat de juridiction de l‘évêque de Rome, question centrale de l’œcuménisme et… des faux œcuménismes.

Au chapitre III, Christian Gouyaud présente les réflexions de ce dernier sur la collégialité à Vatican I et à Vatican II. On y lit en particulier l’insistance sur le fait que les conférences épiscopales n’ont pas, en tant que telles, de valeur magistérielle. Dans son Entretien sur la Foi, le cardinal Ratzinger rappelait que « la vérité n’est pas engendrée par des votes ».

Du chapitre IV : « Une théologie magistère », on retiendra principalement les textes contre « le positivisme théologique », cette tentative de réduction de la vérité à l’autorité, et sur « l’herméneutique de la continuité » à l’opposé des modernistes prosélytes d’une rupture révolutionnaire qu’aurait, selon eux, constitué Vatican II.

Dans le chapitre V : « Un magistère théologique », sont présentés les textes sur « la question cruciale de la vérité ». On y lit les réfutations par Joseph Ratzinger de la « théologie pluraliste des religions ». Avec le positivisme, sous ses différentes formes en religion, Joseph Ratzinger – Benoît XVI exprime la nécessité de combattre le « relativisme devenu le problème fondamental de la foi ».

Un peu plus loin viennent ses textes judicieux sur la dite « théologie de la libération » détournée de son sens chrétien initial.

Christian Gouyaud fait un lumineux exposé de ce qui s’est glissé de subversion marxiste sous ce concept, particulièrement par la substitution de « l’orthopraxis » à « l’orthodoxie ».

Notons ici pour notre part que la « praxis » (science de l’action), vocable de langage marxiste-léniniste, rentre désormais aussi dans le discours du pape actuel pour lequel l’action est préalable à la pensée. On retiendra notamment des derniers chapitres l’exposé des textes de Joseph Ratzinger sur la doctrine de l’unité et les principes de l’œcuménisme : sous « l’impératif de vérité ».

Explications de la renonciation

Christian Gouyaud ne pouvait évidemment pas ne pas traiter dans la fin de son ouvrage le grand fait du pontificat de Benoît XVI : sa renonciation. On y trouvera certes les raisons exposées par ce dernier de son incapacité à continuer d’exercer sa charge écrasante.

On le sait, ceci n’a pas toujours été compris par certains qui arguent de ce que plus de sept ans déjà se sont écoulés depuis cette renonciation et que le pape émérite, sur lequel pèse certes le poids des ans, n’a pour autant vraiment manifesté aucun signe d’affaiblissement intellectuel.

Mais à bien lire les pages de l’abbé Gouyaud, particulièrement passionnantes sur cette question, « renonciation » n’a pas tout à fait signifié « démission ».

Il cite Mgr Gänswein, qui fut le secrétaire particulier de Benoît XVI, et qui continue de le servir, évoquant un « ministère (papal) élargi, avec un membre actif et un membre contemplatif… « Presque un ministère en commun »…

Contrairement à saint Célestin V, qui devint ermite après sa démission, pour Mgr Gänswein « Benoît XVI n’a renoncé ni à son nom ni à la soutane blanche ». Des historiens de la papauté ne manqueront pas de traiter de ce qui a pu motiver Benoît XVI à demeurer ainsi, au Vatican, comme « pape émérite », le premier dans l’histoire à avoir choisi ce titre et ce positionnement. Un peu plus loin, Christian Gouyaud écrit : « Dans le panel des commentateurs de la renonciation, on peut signaler l’interprétation eschatologique originale proposée par le philosophe Giorgio Agamben (in « Le mystère du mal, Benoît XVI et la fin des temps », Bayard).

Ce philosophe, analysant un article sur le théologien chrétien du IVe siècle Tyconius, du jeune abbé Joseph Ratzinger (in « Revue des études augustiniennes »1956) observait que pour ce dernier « l’Antéchrist appartient à l’Église, croît en elle, et avec elle jusqu’à la grande discessio (séparation) qui sera introduite par la revelatio définitive ». Idée reprise par Benoît XVI lors de son audience générale du 22 avril 2009.

L’abbé Gouyaud écrit : « Pour Agamben, qui insiste sur le fait, l’eschatologie ne saurait être renvoyée aux calendes grecques, si nous ne sommes pas encore à la « fin des temps », nous sommes déjà au temps de la fin ».

Bernard Antony

 

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