La mésentente

Auteur : Marie-Thérèse et Dominique Urvoy

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La mésentente

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LE livre sur le dialogue islamo-chrétien

Le nouveau livre de Marie-Thérèse et Dominique Urvoy La mésentente est sous-titré : « Dictionnaire des difficultés doctrinales du dialogue islamo-chrétien ». Et c’est en effet un dictionnaire, qui explicite et définit 42 noms, mots, ou expressions propres au dialogue islamo-chrétien, d’« Abraham » à « Volonté de Dieu ». Ce livre devrait être mis entre les mains de quiconque s’intéresse de près ou de loin à cet étrange « dialogue », qui est devenu une sorte de dogme dans une partie de l’Église.

Il est titré La mésentente, parce que les deux parties ne peuvent se mettre d’accord sur rien. Or il est important de le dire, face à tous les naïfs chrétiens qui s’imaginent pouvoir élaborer une entente doctrinale avec les musulmans.

Une quintessence

En faisant cela, Marie-Thérèse et Dominique Urvoy brisent (une fois encore) un véritable tabou. Et ils savent qu’ils s’exposent à une violente opposition, d’autant plus violente qu’elle ne peut s’appuyer sur aucun autre argument qu’idéologique. Mais ils ont déjà répondu de façon aussi discrète qu’ironique par la calligraphie arabe qui orne la couverture et qui est un vers d’un poète musulman du Xe siècle disant : « Et si te parvient mon blâme, venant d’un vicieux c’est là, pour moi, l’attestation que je suis vertueux. »

Ce livre est en quelque sorte la quintessence de nombre de travaux antérieurs de ces deux authentiques spécialistes. Or le résultat n’est pas un concentré d’affirmations jargonnantes incompréhensibles au profane. Au contraire, le discours est toujours limpide, et un grand atout est que les auteurs citent abondamment des acteurs du dialogue islamo-chrétien. On est donc à la source même de la question, et ce sont les acteurs mêmes du « dialogue » qui sont convoqués. Ce sont eux-mêmes, quand on les confronte, qui montrent l’impossibilité du « dialogue ».

Cette façon de procéder fait que le livre est en même temps un catalogue des méthodes – et des combines – utilisés pour tenter de contourner les difficultés insurmontables. Or elles le sont toutes, à moins de verser, du côté chrétien, dans un syncrétisme… que refusent bien sûr les musulmans.

Tous les mots sont piégés

Marie-Thérèse et Dominique Urvoy montrent que tous les mots sont piégés. Même ceux qui a priori sembleraient les mêmes dans les deux religions. Par exemple la personne d’Abraham. Or l’Abraham du Coran n’a rien à voir avec celui de la Bible (ce qui détruit d’un coup tout un pan du « dialogue »). Par exemple Marie : ce qui est essentiel pour le chrétien est la participation de la Vierge à l’incarnation et à la rédemption, or ce sont « deux choses étrangères à l’islam ». Par exemple les « religions du livre » : dire cela du christianisme c’est accepter la vision coranique qui exclut l’incarnation. Il en est de même évidemment du Christ (il est fils de Dieu ou prophète, il n’y a donc pas d’issue), de la miséricorde (dans l’article sur le pardon), du salut, de la transcendance, etc.

Il y a même des mots qui sont utilisés des deux côtés et qui ont un sens radicalement opposé. Ainsi le mot « réforme » : le chrétien est tout content quand le musulman accepte d’évoquer une réforme de l’islam, jusqu’à ce qu’il comprenne que pour le musulman toute réforme est un retour à la pureté des origines – autrement dit le salafisme. Ou l’expression « sciences humaines » : on trouve étrange que le centre formation des imams de l’UOIF s’appelle « Institut européen des sciences humaines », mais ce n’est pas une dissimulation : pour le musulman, les sciences humaines, ce sont purement et simplement les « sciences islamiques ».

On signalera, en fin de l’article sur « Même (même Dieu) », une belle page de Moh-Christophe Bilek expliquant que si les musulmans et les chrétiens avaient le même Dieu il ne se serait certainement pas converti, vu ce que cela représente de difficultés de toutes sortes.

Le dialogue impossible

Dans l’article « Christ » se trouve un résumé de tout le livre : puisque le Christ est ou bien le Fils de Dieu ou bien un simple prophète, et qu’il ne peut être que l’un ou l’autre, « le dialogue est rendu impossible comme est catégorique le refus de l’islam de toute théologie concernant le péché originel, la rédemption, l’Incarnation et le salut ».

De ce fait, on voit le « dialogue islamo-chrétien » abandonner peu à peu les questions théologiques pour verser dans l’affectif, l’émotionnel, la recherche de la « paix », c’est-à-dire de la simple coexistence pacifique…

Ce que l’on voit aussi est que les musulmans, généralement, campent sur leurs positions, et que tous les efforts de rapprochement sont faits par les chrétiens, qui vont jusqu’à inventer un christianisme compatible avec l’islam, qui n’est évidemment plus chrétien, ainsi celui de cet auteur que Marie-Thérèse et Dominique Urvoy appellent toujours (et ils le citent souvent) « le théologien indépendant Hans Küng »…

Lequel Hans Küng se répand évidemment en critiques acerbes d’un livre qui selon lui ne dit que « des bêtises ». De la part d’un tel personnage, c’est un remarquable éloge.

Yves Daoudal

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